Romande Energie : bilan 7 ans et perspectives 2026

Article rédigé en février 2019 par dividinde, mis à jour en mai 2026

En février 2019, dividinde présentait Romande Energie comme une opportunité "value" potentielle, soulignant sa valorisation décotée malgré des incertitudes liées à Alpiq et au cadre réglementaire. Sept ans plus tard, que s'est-il passé ? Entre un split d'actions, une crise énergétique historique, une dégradation spectaculaire des résultats en 2024 et un rebond tout aussi marqué en 2025, le parcours de cette société mérite une analyse actualisée.

Pylônes électriques et paysage romand au coucher du soleil illustrant l'analyse de Romande Energie après 7 ans de suivi sur dividendes.ch

Romande Energie : portrait d'un acteur régional essentiel

Romande Energie est née en 1997 de la fusion de deux entreprises centenaires : la Société Romande d'Electricité (SRE) et la Compagnie Vaudoise d'Electricité (CVE). Basée à Morges, cette société produit, distribue et commercialise de l'énergie tout en développant des services énergétiques.

Le groupe occupe une position stratégique en Suisse romande. Avec 300'000 clients répartis dans les cantons de Vaud, Valais, Fribourg et Genève, il est le cinquième distributeur d'électricité en Suisse et le premier en Suisse romande. Les autres compagnies électriques cotées à la bourse suisse sont BKW, Alpiq et Energiedienst.

Romande Energie produit environ 15% de l'électricité qu'elle distribue, une proportion modeste en comparaison de ses principaux concurrents. Le reste de l'approvisionnement provient de contrats à long terme avec de grands producteurs et d'achats sur le marché de l'électricité. Pour limiter son exposition aux variations de prix, l'entreprise s'est diversifiée dans les techniques du bâtiment, acquérant notamment Neuhaus (climatisation et ventilation) et Thermoréseau (chauffages à distance).

La participation dans Alpiq : de la volatilité à la normalisation

Un élément central dans l'histoire de Romande Energie reste sa participation indirecte dans Alpiq. Le groupe détient 29.7% d'EOS Holding, qui possède elle-même 33.3% du capital d'Alpiq, soit une exposition indirecte d'environ 10% à l'énergéticien valdo-soleurois.

Pendant des années, cette participation s'est révélée problématique. Entre 2019 et 2022, Alpiq a régulièrement pesé sur les résultats de Romande Energie, impactant négativement son bénéfice net. En 2019, l'impact négatif atteignait 19.3 millions de francs. En 2022, les pertes cumulées d'Alpiq et EOS représentaient 69 millions de francs.

Le retournement s'est produit en 2023. Grâce à la crise énergétique et aux prix élevés de l'électricité, Alpiq a généré des résultats exceptionnels, contribuant à hauteur de 139 millions au résultat net de Romande Energie. Cette contribution représentait les deux tiers du bénéfice net record de 215 millions enregistré cette année-là.

En 2024, la contribution d'Alpiq s'est de nouveau neutralisée : malgré d'excellents résultats opérationnels, des retraitements comptables selon les normes Swiss GAAP RPC, une asymétrie comptable sur les dérivés d'énergie et le remboursement d'un emprunt hybride ont annulé son apport aux comptes de Romande Energie. Les résultats 2025 montrent un redressement global du groupe, mais la part spécifique d'Alpiq dans ce rebond reste difficile à isoler pour un investisseur externe, ce qui illustre précisément l'imprévisibilité structurelle de cette participation.

Le split d'actions de 2023 : attention à l'interprétation

En juin 2023, Romande Energie a procédé à un split d'actions de 25:1. Concrètement, chaque action nominale de 1'000 francs a été divisée en 25 actions de 40 francs. Un actionnaire possédant une action cotant 1'140 francs avant le split s'est retrouvé avec 25 actions cotant environ 45.60 francs chacune.

Cette opération purement technique n'a aucun impact sur la valeur de l'investissement. Elle vise uniquement à améliorer la liquidité du titre en rendant le prix unitaire plus accessible. Le dividende a été ajusté proportionnellement : de 36 francs pré-split à 1.44 franc post-split (36/25).

La valeur économique est restée identique, seule la forme a changé.

Performance de l'investissement depuis 2019

Pour un investisseur ayant acheté en février 2019 au cours mentionné dans l'article initial (environ 1'140 francs pré-split, soit 45.60 francs post-split), la performance totale incluant les dividendes réinvestis s'établit à environ 33% sur la période février 2019 – mai 2026, soit un rendement annualisé d'environ 4%.

Ce résultat est modeste mais positif. L'investissement n'a pas généré de perte en capital et le dividende a été maintenu sans interruption sur toute la période, même durant les années opérationnellement difficiles. La thèse "value" initiale s'est partiellement confirmée : la décote de valorisation a permis d'amortir les difficultés opérationnelles sans occasionner de pertes significatives, et le rebond de 2025 a légèrement amélioré le rendement global.

Situation financière 2025 : un redressement net

Les données disponibles en mai 2026 révèlent un redressement significatif par rapport à l'exercice difficile 2024, même si la rentabilité reste structurellement inférieure aux niveaux historiques.

Le chiffre d'affaires s'établit à 795.81 millions de francs pour l'exercice clos le 31 décembre 2025, en recul de 4.64% sur un an. Ce niveau reste néanmoins élevé en perspective historique, bien qu'inférieur à l'année exceptionnelle 2023.

Le bénéfice net affiche 79.45 millions pour l'exercice clos le 31 décembre 2025, en hausse de 227.64% par rapport à 2024. Ce rebond spectaculaire depuis le creux de 2024 traduit une normalisation de la situation après une année de retraitements comptables exceptionnels et de pression maximale sur les marges. Il reste cependant loin du pic de 215 millions atteint en 2023.

Les marges se sont redressées de manière significative. La marge nette remonte à 10.00% (TTM), au-dessus de la moyenne sectorielle de 7.14%, ce qui constitue un retournement remarquable par rapport aux -0.28% de l'exercice précédent. La marge opérationnelle (EBIT) progresse à 4.77% (TTM), encore loin de la moyenne sectorielle de 13.86%, mais en nette amélioration. Le rendement sur fonds propres (ROE) s'établit à 3.76% (TTM) contre -0.11% l'année précédente.

La solidité financière demeure une constante rassurante. Le ratio d'endettement (Dette/Fonds propres) reste à seulement 0.16, très inférieur à la moyenne sectorielle de 1.06. La couverture des intérêts atteint 4.60x contre 2.01x pour le secteur, signalant une structure financière particulièrement conservative. Le dividende a été légèrement ajusté à 1.40 franc par action (post-split), soit un rendement de 2.81% au cours actuel de 49.80 francs (capitalisation boursière : 1'414 millions de francs). Le payout ratio de 46.50%, très en dessous de la moyenne sectorielle de 60.35%, confirme la prudence de la politique de distribution.

Ce qui explique le rebond de 2025

Plusieurs éléments permettent d'expliquer le redressement des résultats en 2025, après un exercice 2024 particulièrement pénalisé.

L'effet de base 2024 était anormalement défavorable. L'exercice 2024 avait accumulé les coups : neutralisation de la contribution Alpiq pour des raisons comptables, dépréciations d'actifs pour 11 millions dans les chauffages à distance, et pression réglementaire maximale sur les marges. La disparition d'une partie de ces éléments exceptionnels négatifs a mécaniquement amélioré les résultats 2025.

Les mesures d'efficience annoncées début 2025 ont commencé à produire leurs effets. La nouvelle direction, sous la conduite de François Fellay (arrivé en mars 2025), a accéléré la rationalisation des coûts opérationnels tout en maintenant le programme d'investissement à long terme.

À noter : le management avait anticipé un EBITDA et un EBIT 2025 "en ligne avec 2024". Les résultats effectifs ont très largement dépassé cette guidance prudente. Si ce dépassement est positif pour l'actionnaire, il souligne également la difficulté structurelle du management à prévoir ses propres résultats dans un environnement aussi volatile.

Les défis structurels évoqués l'an passé restent présents. Le cadre réglementaire (ElCom, nouvelle loi sur l'électricité) continue de contraindre les marges sur la distribution. La faible production propre (15% de l'approvisionnement) maintient l'exposition aux prix d'achat. Ces éléments de fond n'ont pas disparu avec le rebond de 2025.

Valorisation actuelle : décotée, mais des signaux mixtes

Malgré le rebond des résultats, la valorisation reste attractive d'un point de vue strictement quantitatif sur certains indicateurs.

Le ratio cours/valeur comptable (P/B) s'établit à 0.66 (dernier trimestre), en forte décote par rapport à la moyenne sectorielle de 1.76. Cette valorisation est pratiquement identique aux 0.67 observés en 2019, ce qui suggère que le marché intègre durablement les contraintes structurelles du groupe et anticipe une rentabilité normalisée inférieure aux standards sectoriels.

Le ratio cours/ventes (P/S) de 1.78 (TTM) reste en dessous de la moyenne du secteur (2.47). Le P/E de 16.08 (TTM) est favorable par rapport à la moyenne sectorielle de 20.25, ce qui reflète désormais le rebond des bénéfices. En revanche, le ratio cours/flux de trésorerie libre (P/FCF) de 560.30 (TTM) est un signal d'alarme apparent : il traduit un cash-flow disponible quasi nul après les investissements massifs du groupe (programme de 1.4 milliard de francs d'ici 2027-2030). Ce ratio est structurellement inutilisable pour valoriser Romande Energie dans cette phase de capex intense. Des approches telles que le P/E ou le P/B sont plus pertinentes ici.

Le Piotroski F-Score s'est fortement amélioré, passant de 4/9 à 7/9, signal d'une santé financière en nette progression. L'Altman Z-Score de 2.80 reste en zone de prudence mais sans risque immédiat de détresse financière. Le beta de -0.24 sur un an confirme le caractère contracyclique du titre : Romande Energie tend à évoluer en sens inverse du marché global, une caractéristique précieuse dans un portefeuille diversifié.

Perspectives et stratégie du groupe

La nouvelle direction sous François Fellay (en poste depuis mars 2025) a confirmé la stratégie de croissance à long terme tout en accélérant les mesures d'efficience. Le programme d'investissements de 1.4 milliard de francs à l'horizon 2027-2030 reste prioritaire, avec un focus sur les réseaux électriques (50% des investissements) et les chauffages à distance.

L'unité Romande Energie Services, active dans l'automatisation et les systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation), affiche une croissance soutenue avec une profitabilité améliorée. La société ID GO, créée pour accompagner les propriétaires dans leurs projets de rénovation énergétique, s'inscrit dans le contexte de la transition énergétique suisse, un marché structurellement porteur à moyen terme.

Le deuxième paquet d'ordonnances de la loi sur l'électricité, acceptée en votation en juin 2024, continue d'être analysé par la direction pour en mesurer les impacts sur la structure tarifaire et les marges de distribution. L'incertitude réglementaire reste le principal angle mort de la thèse d'investissement.

La croissance du dividende est nulle sur cinq ans (0.00% annualisé), avec même une légère réduction de 1.44 à 1.40 franc en 2025. Pour un investisseur orienté revenu, c'est un signal à surveiller, même si le payout ratio conservateur (46.50%) laisse une marge de manoeuvre confortable.

Analyse critique et conclusion

Sept ans après l'analyse initiale, le verdict reste nuancé, mais le tableau s'est légèrement amélioré depuis la mise à jour de mars 2026.

La thèse "value" reposait sur une décote de valorisation importante qui devait offrir une marge de sécurité. Cette hypothèse s'est vérifiée dans ses grandes lignes : malgré une traversée du désert opérationnel entre 2022 et 2024, l'investissement n'a pas occasionné de perte en capital et a généré un rendement annualisé d'environ 3.9% dividendes inclus. La décote de P/B a joué son rôle protecteur.

Le rebond de 2025 est encourageant mais doit être contextualisé. Une partie de l'amélioration découle de la disparition d'effets exceptionnels négatifs en 2024, pas d'un réel saut qualitatif dans la compétitivité structurelle du groupe. La marge EBIT reste à 4.77% contre 13.86% pour le secteur. Le chemin vers une rentabilité normalisée est encore long.

Les points positifs sont réels : bilan solide (Dette/Equity 0.16), couverture des intérêts confortable (4.60x), Piotroski en forte hausse (7/9), marge nette désormais au-dessus de la moyenne sectorielle, et beta négatif offrant une diversification non corrélée au marché. L'infrastructure régionale essentielle confère également une certaine résilience que les modèles purement financiers peinent à capturer.

Les risques structurels demeurent : faible liquidité du titre (free float de 20%, majorité détenue par des collectivités publiques vaudoises), incertitude réglementaire persistante, dépendance aux achats d'électricité sur le marché (85% de l'approvisionnement) et imprévisibilité de la contribution Alpiq.

Personnellement, je considère que l'investissement initial de 2019 était défendable dans une logique de diversification d'un portefeuille value, et que cette thèse s'est globalement vérifiée. Le rebond de 2025 rend la situation moins inconfortable qu'il y a un an. Pour autant, je resterais prudent sur une nouvelle exposition significative à ce titre : les contraintes structurelles du secteur énergétique suisse réglementé, combinées à la faible croissance du dividende et à la liquidité limitée, plaident pour une pondération modeste dans un portefeuille value diversifié plutôt que pour une position concentrée.

Questions fréquentes

Pourquoi le cours de l'action est-il passé de 1'140 francs à 49 francs ?

Il n'y a pas eu de chute du cours. Romande Energie a procédé à un split d'actions de 25:1 en juin 2023. Chaque action de 1'000 francs de valeur nominale a été divisée en 25 actions de 40 francs. La valeur économique totale est restée identique. Le dividende a été ajusté proportionnellement, passant de 36 francs à 1.44 franc par action, puis légèrement réduit à 1.40 franc en 2025.

Le dividende est-il en danger ?

Le rebond des bénéfices en 2025 (79.45 millions) sécurise la distribution à court terme. Le payout ratio de 46.50%, très inférieur à la moyenne sectorielle de 60.35%, et la solidité du bilan (Dette/Equity : 0.16) offrent une marge de sécurité confortable. La légère réduction de 1.44 à 1.40 franc intervenue en 2025 est un signal à surveiller, mais elle n'annonce pas une remise en cause de la politique de distribution tant que les résultats se maintiennent.

Quelle a été la performance totale de l'investissement depuis 2019 ?

Un investisseur ayant acheté en février 2019 au cours de l'article initial a réalisé un rendement total d'environ 32% dividendes inclus sur 7 ans et quelques mois, soit environ 3.9% annualisé. Ce résultat est modeste mais positif, et le rebond du titre depuis fin 2025 (+17.45% sur 52 semaines) a légèrement amélioré la performance globale.

La participation dans Alpiq reste-t-elle un problème ?

La situation est structurellement imprévisible. Après avoir pesé pendant des années (jusqu'à -69 millions en 2022), Alpiq a contribué exceptionnellement en 2023 (139 millions), puis s'est neutralisé en 2024 malgré de bons résultats opérationnels, en raison de retraitements comptables. Cette volatilité confirme que la participation dans Alpiq reste un facteur d'incertitude difficile à modéliser pour un investisseur externe, indépendamment des tendances de fond du groupe.

Pourquoi le P/FCF de Romande Energie est-il si élevé (560) ?

Le ratio cours/flux de trésorerie libre (P/FCF) de 560 est quasiment inutilisable comme indicateur de valorisation dans le cas de Romande Energie. Il reflète le fait que le groupe investit massivement (programme de 1.4 milliard de francs d'ici 2027-2030), ce qui ramène le free cash flow à un niveau quasi nul après capex. Le cashflow opérationnel reste robuste, mais l'essentiel est réinvesti dans les infrastructures. Des métriques comme le P/E (16.08) ou le P/B (0.66) sont bien plus pertinentes pour évaluer ce titre.

La valorisation actuelle représente-t-elle une opportunité ?

Le ratio P/B de 0.66 indique une décote significative par rapport à la moyenne sectorielle de 1.76, et le P/E de 16.08 est favorable par rapport au secteur (20.25). Pour un investisseur "value" patient, ce profil peut justifier une position limitée dans une logique de diversification sectorielle. Pour un investisseur orienté croissance ou dividendes progressifs, d'autres opportunités sont préférables : la croissance du dividende est nulle sur cinq ans et la marge EBIT reste bien en dessous du secteur.

Quelles sont les perspectives à moyen terme ?

Le rebond de 2025 dépasse les attentes du management, qui anticipait une stabilisation à bas niveau. À moyen terme, la priorité est de consolider cette amélioration opérationnelle tout en absorbant le programme d'investissements massif dans les réseaux et les chauffages à distance. L'incertitude sur l'évolution réglementaire (ordonnances de la loi sur l'électricité) reste le principal facteur de risque sur les marges. Une amélioration progressive est envisageable, mais la visibilité reste limitée.

Sources et données

Les données financières présentées dans cette analyse proviennent de FactSet (cours, ratios de valorisation, marges, données TTM et exercice fiscal clos le 31.12.2025).

Communiqués et rapports officiels de Romande Energie

EOS Holding et participation dans Alpiq

Couverture presse et analyses

Les informations qualitatives (stratégie, contexte réglementaire, commentaires du management) proviennent des communiqués officiels et rapports annuels de Romande Energie. Les chiffres financiers détaillés (CA, bénéfices, marges, ROE, ratios de valorisation) sont issus de FactSet avec indication systématique de la période (TTM ou exercice fiscal clos le 31.12.2025).


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5 réflexions sur “Romande Energie : bilan 7 ans et perspectives 2026”

  1. JérômeTop membre 🏅🗣️💬

    Mais, frérot, que se passe-t-il ? Tu commences à investir dans des titres bons marchés ? Tu deviendrais radin comme moi ? Cela doit être l’âge 🙂

    Tu as bien raison quand tu dis que c’est un titre difficile à cerner car j’en suis moi-même à hésiter entre le chaud et le froid.

    C’est vrai que le PER courant est très bon marché, mais le PER moyen se monte par contre à 45.41 et le bénéfice par action n’est pas très stable d’année en année.

    Incontestablement par contre le prix par rapport à la valeur comptable est vraiment très intéressant et ça assure une bonne base, tant que les fondamentaux ne se détériorent pas. Le F-Score (Piotroski), avec 7, nous confirme que c’est loin d’être le cas (mais on est encore sur les chiffres 2017, faudrait voir comment pour 2018).

    Le free cash flow était négatif en 2017. L’entreprise a tendance a être très gourmande en dépenses en capital, ce qui explique cela. Voilà qui est déjà nettement moins bien. Le prix par rapport au FCF est en moyenne de 30.26, donc assez cher.

    Par contre, si on regarde l’EBITDA / EV, on est à 13.9%,donc c’est une opportunité! Le chaud, le froid…. un peu normal pour une entreprise active dans l’énergie 🙂

    C’est vrai que le rendement en dividendes est intéressant et bien couvert par rapport aux bénéfices courants, mais il ne l’est pas par rapport aux bénéfices moyens et encore moins par rapport au FCF.

    Il y a un autre truc qui me chicane chez Romande énergie, c’est la réserve de cash qui est monstrueuse. Le current ratio s’établit à presque 5. C’est du gaspillage et c’est très souvent mauvais signe.

    Par contre il faut effectivement noter plusieurs autres points intéressants, comme une superbe marge brute, un endettement quasi inexistant, des frais généraux sous contrôle et un goodwill en hausse. Y a comme des petits relents de franchise, ce qui est étonnant vu la valorisation du titre.

    Notons encore que le beta, avec 0.17 place le titre dans la catégorie des défensives, mais ça on s’en doutait un peu. C’est toujours bon à prendre par les temps qui courent, mais ça n’empêche pas l’action d’être quand même assez volatile, avec 16.63%.

    Donc voilà, je suis très partagé! Tu m’as un peu titillé avec cette histoire je dois dire, mais quand je ne suis pas convaincu à 100% je n’y vais en principe pas 🙂

  2. dividindeTop membre 🏅🗣️💬

    Hé hé, je savais que ce titre allait te titiller, ses contradictions le rendent pas facile du tout à appréhender. Mais avec une telle valorisation j’estime le risque vers le bas plutôt limité et le potentiel vers le haut pourrait réserver de bonnes surprises.

    L’historique du titre est aussi assez schizophrène: une hausse de plus de 8000% (!!!) de 1993 à 2007, suivie d’une chute de plus de 50%. Depuis quelques années, l’encéphalogramme est aussi plat que mes blagues, ce qui me laisse aussi penser qu’on a peut-être atteint le plancher.

  3. La chute du titre après l’importante hausse 1993-2007 était-elle due à la crise des subprime? Et/ou à un autre facteur spécifique à l’entreprise?

    Une chose est sûre, c’est qu’après les tourments boursiers généralisés de 2008, le titre EOS n’a pas évolué comme les autres: elle a plutôt stagné alors que la tendance générale des indices post krach des subprime a été positive.

    1. dividindeTop membre 🏅🗣️💬

      La chute du cours après 2007 n’est pas un phénomène spécifique à Romande Energie. Je ne suis pas spécialiste du marché de l’électricité, mais je dirais que les producteurs suisses se sont surtout retrouvés en difficulté à cause des prix bas du courant sur le marché européen, d’une part en raison de la libéralisation du marché européen, d’autre part suite à la crise financière des subprimes, suivie de la récession économique dans l’UE (2007-2008) qui a fortement freiné la demande d’électricité.

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