Novartis est un fleuron de l'économie helvétique et l'une des plus grandes compagnies pharmaceutiques au monde. Elle est née de la fusion de Ciba-Geigy et Sandoz en 1996 et compte la bagatelle de 125'000 employés.
Valorisation & dividende
Comme on a coutume de le dire, la qualité a un prix. Novartis n'échappe pas à cette règle. En effet, l'entreprise pharmaceutique bâloise s'échange à :
- 24.86 fois les bénéfices récurrents courants
- 23.05 fois les bénéfices récurrents moyens
- 2.56 fois la valeur comptable
- 15.3 fois les actifs tangibles
- 3.79 fois les ventes
- 19.24 fois le free cash flow courant
- 20.15 fois le free cash flow moyen
Non seulement c'est cher, mais, avec un ratio prix/ventes supérieur à trois, cela devient carrément un signal de vente. Si l'on regarde du côté de l'EBIT, on constate même qu'il ne représente que 4.13% de la valeur d'entreprise (4.23% pour l'EBITDA), ce qui confirme la valorisation excessive du titre.
Du côté du dividende c'est en apparence nettement mieux, avec un rendement de 3.5%. Mais cette générosité se fait au prix d'une distribution un peu trop importante des revenus. En effet, le dividende représente :
- 87.02% du bénéfice courant
- 80.66% du bénéfice moyen
- 67.34% du free cash flow courant
- 70.51% du free cash flow moyen
Avec de tels chiffres, le développement futur du dividende est compromis. Il n'a d'ailleurs progressé sur les cinq dernières années que de 0.78% par an en moyenne. Une baisse est même possible, comme cela fût le cas entre 2013 et 2014.
Bilan & résultat
Si le dividende a de la peine à décoller, c'est que les bénéfices eux-mêmes ont stagné, voire même légèrement régressé ces cinq dernières années. La valeur des actifs et les réserves de cash ont par contre très légèrement progressé. Novartis rencontre donc quelques difficultés à créer de la valeur pour ses actionnaires, ce qui se traduit par une progression modeste du cours, de seulement 51.7% sur ces dix dernières années.
Les réserves de liquidités de l'entreprise sont suffisantes, avec un current ratio de 1.21 (en progression), mais pour un quick ratio de seulement 0.91. Même si cette situation n'est pas idéale, il n'y pas non plus trop de quoi s'affoler. On rencontre assez souvent en effet des grosses entreprises de renom qui affichent des liquidités immédiatement disponibles inférieures à leurs obligations courantes. Ces sociétés n'ont guère de peine à lever des crédits courants auprès d'organismes financiers. Novartis, avec un Z-Score (Altman) de 3.4 n'est de loin pas prête de faire faillite!
Ceci est d'autant plus vrai que les fondamentaux du géant bâlois sont vraiment très solides. En effet, la marge brute est vraiment confortable, avec 66.2% (en hausse), pour une marge de free cash flow de 19.7% et une marge nette de 15.24%. Impressionnant. Le rentabilité n'est pas trop mal non plus, avec un ROA de 5.74%, CFROA de 5.74% et un ROE de 10.3%.
Le taux d'endettement à long terme par rapport aux actifs est assez important, avec 17.45% (en hausse). Néanmoins, grâce à ses capacités exceptionnelles pour produire des liquidités, Novartis serait capable d'éponger la totalité de sa dette en seulement trois ans en ayant recours à son free cash flow. Par ailleurs, même si elle progresse depuis plusieurs années, la dette ne représente encore que 0.38 fois les fonds propres.
Notons encore que le nombre d'actions en circulation baisse régulièrement depuis plusieurs années, ce qui est évidemment une bonne chose pour l'actionnaire qui voit sa part de gâteau augmenter du même coup.
Conclusion
Novartis est un géant de la pharmacie. Non seulement, de par sa taille, elle est à l'abri du premier concurrent venu, mais son secteur d'activité la protège des soubresauts économiques et financiers. On a toujours besoin de se soigner, même quand les temps sont durs. Surtout quand ils sont durs! L'action NOVN peut donc se targuer d'être une belle valeur défensive, avec une volatilité de seulement 8.4%, même si le beta se monte tout de même à 1.12.
Par dessous tout, ce qui marque chez Novartis, c'est cette capacité à générer du cash. L'entreprise est une véritable vache-à-lait, avec des caractéristiques typiques d'une franchise. Les marges sont vraiment très solides, les frais généraux sont maîtrisés, le goodwill est en hausse, la dette est relativement faible et les besoins en dépenses d'équipement sont corrects.
Le F-Score (Piotroski) de 7 confirme ces excellentes prédispositions et la solidité de Novartis. Assurément on a affaire ici a une valeur de toute grande qualité, même si le bénéfice a de la peine à progresser depuis plusieurs années. Ceci étant dit, comme nous l'avons vu plus haut, le titre est vraiment trop onéreux en ce moment, d'autant que le ratio/prix ventes est supérieur à trois. J'attendrais donc plutôt une future grosse correction des marchés, avant de devenir propriétaire de cette belle machine à sous.
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J’ai été actionnaire de Novartis pendant pas mal d’années avec un bilan plus que moyen: le cours a beaucoup joué au yoyo, mais au final j’ai gagné en gros 3.5% de dividende et environ 1.5% de gain en capital par année.
J’ai d’ailleurs obtenu un résultat très similaire avec Roche. Ce sont des entreprises très profitables mais qui affichent une croissance proche de zéro. La seule façon pour moi de s’en tirer pas trop mal avec ces titres est de les acheter après une grosse baisse lorsque le dividende atteint 4 à 4.5% et de les garder ensuite principalement pour le rendement du dividende. Autrement dit, les considérer plus comme des obligations que des actions. Et du point de vue de la valorisation, je ne payerais pas plus de 70 CHF pour Novartis et 200 CHF pour Roche.
Le spin off l’année prochaine d’Alcon est censé améliorer le profil de Novartis qui pourra se concentrer uniquement sur son métier de base. Mais je n’en attends pas des merveilles, la direction de Novartis étant très douée pour faire de grandes promesses qui finalement n’aboutissent à rien.
Tu as bien résumé: c’est une pseudo obligation. Ses capacités à générer de l’argent frais lui permettent de payer un bon dividende plus ou moins constant. Une valeur de bon père de famille quoi. Mais à ne pas acheter à n’importe quel prix!
Très bon résumé! J’ai acheté Novartis il y a 3-4 ans à CHF 70. Vu le prix de l’action d’aujourd’hui, j’hésite à vendre… Sûrement une décision qui va se prendre à pile ou face! 😉 #awalkdownwallstreet